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Société
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Peur sur l'eau du Robinet

Un message audio tourne sur Whatsapp au sujet d’une contamination radioactive de l’eau. Volontairement alarmiste, il est cependant truffé de fausses informations.

Faux Faux
20/07/2019 Par Yaume
Pertinence
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Juillet 2019. Un message audio tourne sur Whattsapp au sujet d’une contamination radioactive de l’eau. Volontairement alarmiste, il est cependant truffé de fausses informations.

 

« Salam aleikoum les filles, je vous fais ce petit message pour vous dire de ne surtout pas boire l’eau du robinet, parce que étant infirmière ainsi que ma sœur, et bossant au niveau des hopitaux de Paris, à Bichat on a reçu un arrêté préfectoral à l’instant disant que toute l’eau de l’Ile de France et de Paris a été contaminée au Titanium, donc est radioactive. Du coup on n ous demande de n ous préparer à une recrudescence d’intoxications, et du coup plein de patients qui risquent de venir pour ça. Et a priori ils n’ont pas trop l’intention de prévenir au niveau national. Donc du coup nous à l’hopital on prévient tous nos proches. Donc je vous fais ce petit message : ne buvez pas l’eau du robinet. Pour l’instant on n’a pas eu les directives pour savoir si on peut la consommer après cuisson ou pas. Donc je vous tiendrai au courant mais dans l’immédiat ne la buvez surtout pas »

Ce message est accompagné d’images provenant du journal Le parisien et de France bleu. On y voit des extraits de texte, une carte, et une liste impressionnante de communes touchées.

            

 

Sauf qu’il s’agit une fake news.

 

Pas d’arrêté préfectoral

Tout d’abord, l’arrêté préfectoral évoqué dans le message audio n’existe pas. Cela se vérifie de deux manières.

  1.  les images transférées avec le message n’évoquent pas une autorité publique mais une association, l'association pour le contrôle de la radioactivité dans l'Ouest (ACRO).
  2. Un arrêté préfectoral est une décision publique qui doit être consultable sur internet. Or, sur le compte twitter de la Préfecture d'Ile de France aucune trace d'une telle décision. Rien non plus sur le site de l'Agence régionale de santé d'Ile de France.

Pas de taux dangereux, ni dépassant les normes.

Le Monde cite l’association ACRO elle même, qui donne une précision : « Aucune valeur ne dépasse le critère de qualité de 100 Bq/L (becquerel par litre) instauré par les autorités sanitaires », précise toutefois l’association, qui regroupe de nombreux scientifiques.

Deux conséquences à cela :

  • Aucune raison d'alerter vers le public
  • A priori pas de raison de craindre une recrudescence de consultations à l’hopital.

Autre extrait de l’article du Monde : Selon l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), bras technique de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), « le code de la santé publique fixe une référence de qualité de 100 Bq/L pour le tritium qui ne représente pas une limite sanitaire mais un seuil qui, lorsqu’il est dépassé, entraîne une investigation complémentaire pour caractériser la radioactivité de l’eau ».

D’autres médias reprennent ces données. France Bleu, France 3, BFMTV

On trouve des articles dès le mois de Juin 2019, chez Libération ou Le Monde

Sur Facebook, les perles de l’anti-science résument les faits.

Par la suite, France info a publié un long article pour analyser les faits. LCI quant à elle revient sur l'ininéraire de la psychose.

Enfin, la Nouvelle République rappelle que l'Autorité de Sureté Nucléaire mène son enquête.

Des démentis officiels

En réaction à cette rumeur, l’agence régionale de santé d’Ile de France a publié un communiqué, relayé sur twitter puis le compte Facebook de la préfecture des Hauts-de-seine.

Le point résume l’affaire et les démentis successifs.

Plus tard la préfecture d'Ile de France a elle aussi démenti.

 

Enfin, une enquête judiciaire a été ouverte sur le message audio pour diffusion de fausse information.

 

La puce à l’oreille.

1-demander la source

Avec ces transferts de soi-disant alertes par Whattsap, on a la version moderne et bien plus virale des anciennes chaînes de mails. Le premier réflexe à avoir est donc de demander l’origine de l’information. Cette origine est en général un lien vers un document, une publication, etc.

Ici par exemple un supposé arrêté préfectoral. Un arrêté est forcément publié. On peut donc le trouver.

2-Attention aux captures d’écran.

Les images transférées par whattsapp sont des extraits d’articles. Or le § de ces articles qui précise que les doses observées ne dépassent pas les taux légaux dont été sciemment tronqué. Il manque donc une part essentielle de l’information. Si on vous transmet cela, demandez le lien vers le ou les articles.

3-la conclusion complotiste

« Et a priori ils n’ont pas trop l’intention de prévenir au niveau national. Donc du coup nous à l’hopital on prévient tous nos proches. » dit le message audio.

C’est ballot, nous avons cité ici des médias nationaux qui relaient l’info et donnent des précisions, dès le mois de juin.

4-L’argument d’autorité

L’auteur du message se présente«  en tant qu’infirmière » des hôpitaux de Paris. Forcément ça impressionne. Mais elle relaye de fausses informations.

Si vous ne connaissez pas la personne, prenez du recul critique : tout le monde peut se dire ceci ou cela, sans se justifier et en bénéficiant d’une espèce d’aura, totalement usurpée. La personne qui s’exprime est peut-être infirmière, peut-être pas.

5 - Voici un site sur la qualité de l'eau.

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Yaume
mots-clés : Société - A la une
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