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Politique
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Non, Claude Bartolone n'a pas de retraite préfectorale

Depuis plusieurs années, une fake news reprise par des sites d’extrême droite vise Claude Bartolone. Ce dernier bénéficierait d’une retraite de Préfet après avoir été « réintégré » dans ce corps.

Du vrai / du faux Du vrai / du faux
17/08/2019 Par Yaume
Pertinence
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Un cadre de l’Industrie pharmaceutique.

Claude Bartolone est un personnage public, dontr la biographie est connue. On enretrouve de nombreux éléments sur le site de l’Assemblée nationale, qu’il a présidée, mais aussi Challenges, Gala, Le point, et le célèbre Who’s who. Tous mentionnent que Claude Bartolone n’est pas un fonctionnaire de l’État, mais fut un cadre de l’industrie pharmaceutique après une Licence de Mathématiques.

 

Un lien trompeur.

La publication donne un lien vers ce qui serait le décret de réintégration de Claude Bartolone dans le corps préfectoral.

Mais en cliquant dessus, on tombe sur un décret de 1964, modifié en 2009 , et portant sur des « dispositions réglementaires applicables aux préfets ».

 

Un décret inexistant.

La publication mentionne un décret du Président de la République.

Cela tombe bien, nous sommes sur Légifrance, allons chercher.

En cliquant d’abord sur « Droit français », on va cliquer sur « les autres textes législatifs et règlementaires ».

Dans la liste déroulante « nature du texte, on choisit « décret ». Dans « rechercher par mots » on entre « Bartolone » puis on coche la case « rechercher parmi les mots du texte » afin d’avoir l’assise la plus large.

On va alors trouver, entre autres, un décret de 2019 de promotion dans l’ordre de la Légion d’Honneur. Et divers autres actes, bien plus anciens lorsque Claude Bartolone était ministre délégué à la ville.

Nulle trace d’une nomination ou réintégration quelconque dans un corps de fonctionnaires.

 

L’arroseur arrosé…. De sources contradictoires !!

Ce hoax tourne depuis plusieurs années. Mais les sources mentionnées en appui de sa thèse…. Le contredisent ! Ce qui revient souvent, c’est Monsieur Biographie, qui renvoie lui-même à…. Wikipedia …. qui mentionne comme profession « Cadre de l’industrie Pharmaceutique ».

 

L’intéressé a d’ailleurs publié un billet sur blog le 18 juin 2013 à propos de cette rumeur.

 

Des avantages….. imaginés !

Au-delà de son statut, le texte tente de nous faire réagir sur les avantages divers dont auirait bénéficié M. Bartolone. Et là…. c’est du grand délire non sourcé ( tiens, plus de « sources vérifiées »?)

Tout d’abord, attention aux dates. L’auteur reprend, en Août 2017, une publication qui date de 2013. Beaucoup de choses sont devenues fausses depuis. Ainsi, M. Bartolonne n’est plus député de Seine St Denis, ni Président de l’Assemblée nationale depuis… Juin 2017 ! Il n’est plus Conseiller départemental de Seine Saint Denis depuis…. 2014 (même wikipedia le sait).

 

Des indemnités plafonnées. Le (im)posteur affirme « même en appliquant les plafonds de cumul on arrive quand même à plus de 30 000 € par mois ». Mais il n’indique pas de source. Et pour cause ce chiffre est faux. Les indemnités des parlementaires ayant également une fonction locale sont plafonnées. Un élu ne peut donc recevoir, au total, plus de 1,5 fois l’indemnité parlementaire de base : « Les indemnités sont-elles plafonnées ?

L’élu local qui détient d’autres mandats électoraux ou qui représente sa collectivité au sein de divers organismes et établissements publics, ne peut recevoir pour l’ensemble de ses fonctions, un montant total de rémunération et d’indemnités de fonction supérieur, déduction faite des cotisations sociales obligatoires, à une fois et demie l’indemnité parlementaire dite de base, telle qu’elle est définie par l’article 1er de l’ordonnance n° 58-1210 du 13 décembre 1958 portant loi organique relative à l’indemnité des membres du Parlement. Ce montant total est égal, au 1er janvier 2019, à 8 434,85 € mensuel. Lorsque ce plafond est dépassé, les indemnités font l’objet d’un écrêtement.

La part écrêtée est reversée au budget de la personne publique au sein de laquelle le conseiller municipal exerce le plus récemment un mandat ou une fonction. »

La petite touche complotiste

Comme si cela ne suffisait pas, on tente d’en remettre une couche sur les avantages dont bénéficient nos élus.

Ainsi, il n’y a pas de « cantine gratuite » à l’Assemblée : « Deux restaurants et une buvette sont à la disposition des députés, qui peuvent également prendre leurs repas dans les deux restaurants en libre-service, à la cafétéria ou à la buvette des journalistes. Sous certaines conditions, ils peuvent y recevoir des invités. Les prestations sont à la charge des députés. »

 

Il est en revanche exact que les envois postaux des députés dans le cadre de leurs fonctions sont pris en charge par l’Assemblée :

« d) Courrier

Les correspondances (affranchissement du courrier, portage, méls et SMS en nombre) de nature parlementaire, c’est-à-dire adressées par un député dans le cadre de l’accomplissement de son mandat législatif, sont prises en charge dans le cadre de la dotation matérielle des députés (DMD). »

Coiffeur gratuit ? Aucune source ne le mentionne, même s’il y a bien un salon de coiffure à l’Assemblée.

« Tous les autres avantages occultes ». Ha ha !Quelle formule bien pratique !! Cela permet de justifier tous les fantasmes sans top en dire.

 

Rappelons enfin que les privilèges accordés aux députés ont été réduits récemment.

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Yaume
mots-clés : Politique - A la une
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